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Que faire au potager en octobre et novembre

Octobre et novembre, c’est la période charnière au potager. Les récoltes d’été sont finies, les premières gelées menacent, mais le jardin n’est pas en sommeil. C’est le moment de nettoyer, de planter pour l’hiver et de préparer le printemps. On vous guide, pas à pas, pour ne rien rater.

1. Les récoltes de saison : ce qu’il faut ramasser avant les gelées

En octobre, vous profitez encore des dernières courgettes, des potirons, des betteraves, des carottes et des poireaux. Surveillez la météo de près. Dès que les températures descendent sous 0 °C la nuit, les légumes fragiles (courgettes, tomates, haricots verts) sont fichus. Les légumes racines (carottes, betteraves, panais) peuvent rester en terre un peu plus longtemps, mais il faut les pailler avec une bonne couche de paille ou de feuilles mortes (20 à 30 cm d’épaisseur) pour éviter que le gel ne les abîme.

En novembre, les récoltes se concentrent sur les choux (chou de Bruxelles, chou frisé, chou cabus), les poireaux, les endives, les mâches et les épinards. Le chou de Bruxelles devient meilleur après les premières gelées, le froid transforme l’amidon en sucre et adoucit son goût. Pour les poireaux, vous pouvez les laisser en terre tout l’hiver, mais buttez le pied (20 cm de terre) pour les blanchir et les protéger.

Un conseil concret : récoltez les potirons et les courges avant les premières gelées. Un coup de gel les rend immangeables. Coupez le pédoncule à 5 cm du fruit avec un sécateur propre, puis laissez les courges sécher une semaine au soleil (ou dans un garage sec) avant de les stocker. Elles se conservent plusieurs mois dans un endroit frais (10 à 15 °C) et aéré.

2. Nettoyer le potager : le grand ménage d’automne

Une fois les récoltes terminées, il faut vider les planches de culture. Enlevez les tiges de tomates, les plants de courgettes, les haricots et les pieds de pommes de terre. Ne mettez pas les plants malades (mildiou, oïdium) au compost, le champignon pourrait survivre et contaminer vos futures cultures. Brûlez-les ou jetez-les aux ordures ménagères.

Les plantes saines, vous les coupez en morceaux (10 à 15 cm) et vous les mettez au compost. Les tiges de haricots, riches en azote, sont excellentes pour le compost. Les feuilles de tomates, si elles sont saines, peuvent aussi y aller. Profitez-en pour retirer les tuteurs, les nettoyer à l’eau savonneuse et les ranger au sec pour l’année prochaine.

Ensuite, passez un coup de grelinette ou de fourche-bêche sur les planches vides. Pas besoin de retourner la terre en profondeur, un simple décompactage suffit. Cela aère le sol, favorise la vie microbienne et empêche l’eau de stagner en hiver. Laissez les mottes en surface, le gel les cassera naturellement et améliorera la structure du sol.

3. Semer et planter pour l’hiver et le printemps

Octobre et novembre sont les mois des semis d’hiver et des plantations de printemps. On ne plante pas des tomates en novembre, mais on met en place des légumes qui passeront l’hiver en terre ou qui démarreront tôt au printemps.

Les semis d’octobre

Les semis et plantations de novembre

4. Protéger le potager du froid : paillage, tunnels et voiles

Les légumes d’hiver ont besoin d’une protection si les températures descendent en dessous de -5 °C. Le paillage est la solution la plus simple. Pour les poireaux, les carottes et les panais, étalez une couche de paille de 20 à 30 cm sur le sol autour des plants. La paille isole du froid et empêche la terre de geler en profondeur. Vous pouvez aussi utiliser des feuilles mortes, du broyat de branches ou du compost mûr.

Pour les salades, les mâches et les épinards, installez un voile d’hivernage (non tissé, 30 g/m²) directement sur les plants. Posez-le sur des arceaux pour éviter qu’il ne touche les feuilles. Le voile laisse passer la lumière et l’eau, mais protège du gel jusqu’à -5 °C. Par grand froid (en dessous de -8 °C), doublez le voile ou ajoutez un tunnel en plastique.

Les tunnels de forçage (plastique transparent) sont parfaits pour les salades d’hiver et les épinards. Ils créent un microclimat : la température à l’intérieur peut être 5 à 8 °C plus élevée qu’à l’extérieur. Aérez les tunnels en journée quand il fait doux (au-dessus de 10 °C) pour éviter la condensation et les maladies cryptogamiques.

5. Préparer le sol pour le printemps : engrais verts et amendements

Les planches que vous ne cultivez pas en hiver ne doivent pas rester nues. Semez un engrais vert : moutarde blanche, phacélie, seigle ou vesce. Ces plantes poussent vite (en 6 à 8 semaines) et couvrent le sol. Elles empêchent les mauvaises herbes de s’installer, protègent le sol de l’érosion et enrichissent la terre en matière organique.

La moutarde blanche est idéale : semez-la à la volée (10 g/m²) jusqu’à la mi-octobre. Elle germe en 3 jours à 15 °C et forme un tapis dense. En novembre, elle gèle naturellement et forme un paillis vert. Ne la laissez pas monter en graines, coupez-la avant les gelées si elle fleurit. La phacélie est mellifère et attire les pollinisateurs, mais elle gèle à -5 °C. Le seigle résiste au froid (jusqu’à -15 °C) et peut rester en place tout l’hiver. Au printemps, coupez l’engrais vert à la cisaille 3 semaines avant de planter et incorporez-le superficiellement.

C’est aussi le moment d’amender le sol. Si votre terre est lourde (argileuse), apportez du compost mûr (2 à 3 kg/m²) et un peu de sable grossier (5 kg/m²) pour l’alléger. Si elle est sableuse, ajoutez de la matière organique (compost, fumier décomposé) à raison de 4 kg/m² pour améliorer la rétention d’eau. Épandez l’amendement en surface et laissez la vie du sol (lombrics, micro-organismes) faire le travail. Ne bêchez pas profondément, cela perturbe les couches du sol.

6. Planter les arbres fruitiers et les arbustes à petits fruits

Octobre et novembre sont les meilleurs mois pour planter les arbres fruitiers à racines nues. Le sol est encore chaud, l’air est frais, les racines s’installent avant l’hiver sans souffrir de la sécheresse. Choisissez des variétés adaptées à votre région. Pour un petit jardin, un pommier en forme de fuseau (variété ‘Reine des Reinettes’) ou un poirier en palmette (variété ‘Conférence’) prennent peu de place.

Pour planter un arbre fruitier, creusez un trou de 60 cm de large et 40 cm de profondeur. Mélangez la terre extraite avec du compost mûr (1/3 compost, 2/3 terre). Placez l’arbre, le point de greffe (le bourrelet à la base du tronc) doit être au-dessus du sol. Rebouchez, tassez légèrement avec le pied, arrosez abondamment (10 à 15 litres d’eau). Tuteurez l’arbre si le vent est fort. Paillez le pied avec 10 cm de paille ou de broyat pour protéger les racines du gel.

Les arbustes à petits fruits (cassis, groseilliers, framboisiers) se plantent aussi à l’automne. Espacez les cassissiers de 1,5 m, les groseilliers de 1,2 m, les framboisiers de 0,8 m sur le rang. Rabattez les tiges à 20 cm du sol après la plantation pour favoriser le départ de nouvelles pousses au printemps. Arrosez bien la première année, surtout si l’automne est sec.

7. Composter en automne : que mettre dans le tas

L’automne est une saison riche en déchets verts : feuilles mortes, tiges de légumes, fanes de carottes, épluchures de courges. Mais attention à l’équilibre. Le compost a besoin de matières carbonées (brun, sec) et azotées (vert, humide). Les feuilles mortes sont carbonées, les tiges de légumes sont azotées. Mélangez à parts égales (50/50 en volume).

Les feuilles mortes, surtout celles du chêne, du hêtre et du tilleul, sont excellentes. Ramassez-les quand elles sont sèches et stockez-les dans un sac poubelle percé. Vous les ajouterez au compost tout l’hiver. Les tiges de légumes, coupez-les en morceaux de 10 cm pour accélérer la décomposition. Évitez les mauvaises herbes montées en graines (liseron, chardon) et les plantes malades.

Un tas de compost bien équilibré en automne doit être humide comme une éponge essorée. Si c’est trop sec, arrosez un peu. Si c’est trop humide (odeur de pourri), ajoutez des feuilles mortes ou du carton broyé. Retournez le tas une fois par mois pour l’aérer. En 4 à 6 mois, vous aurez un compost mûr, prêt à être utilisé au printemps.

8. Entreposer les légumes d’hiver : cave, silo et garage

Les légumes racines (carottes, betteraves, panais, céleri-rave) se conservent plusieurs mois dans un endroit frais (0 à 5 °C) et humide (80 à 90 % d’humidité). La cave en terre est idéale. Si vous n’avez pas de cave, construisez un silo en pleine terre. Creusez un trou de 50 cm de profondeur, tapissez-le de paille, déposez les légumes en couches (sans les laver, avec un peu de terre), recouvrez de paille (30 cm) et de terre (10 cm). Les légumes restent frais tout l’hiver, même en cas de gel.

Les courges et potirons se conservent à l’air libre, dans un garage ou une cave sèche (10 à 15 °C, 60 % d’humidité). Ne les empilez pas, posez-les sur une clayette ou une planche, sans qu’ils se touchent. Vérifiez une fois par mois et retirez celles qui commencent à pourrir. Les pommes de terre, elles, aiment l’obscurité et le frais (4 à 6 °C). Stockez-les dans des sacs en jute ou des caisses en bois, dans un endroit sombre. La lumière les fait verdir et les rend toxiques.

Les poireaux et les choux se conservent en terre. Pour les poireaux, buttez le pied (20 cm de terre) et paillez avec 20 cm de paille. Pour les choux, coupez la tête et laissez le trognon en terre, il repoussera peut-être au printemps. Les choux de Bruxelles se récoltent au fur et à mesure, du bas vers le haut de la tige, ils supportent le gel jusqu’à -10 °C.

9. Faire ses propres semences : récolter et conserver les graines

Octobre et novembre sont les mois de la récolte des graines. Laissez quelques pieds de laitues, de radis, de carottes ou de haricots monter en fleurs puis en graines. Quand les gousses ou les capitules sont secs (ils craquent sous la main), coupez-les et mettez-les dans un sac en papier. Laissez sécher 2 semaines dans une pièce chaude (20 °C) et sèche. Ensuite, battez les gousses pour libérer les graines, triez avec un tamis (maille de 2 mm) et stockez dans des sachets en papier au frais (5 à 10 °C) et au sec. Les graines de haricots se conservent 3 à 4 ans, celles de carottes 2 à 3 ans, celles de laitues 3 à 5 ans.

Ne récoltez les graines que sur des plants sains et vigoureux. Pour les tomates, récoltez les graines des fruits les plus beaux et les plus précoces. Faites-les fermenter 3 jours dans un verre d’eau (pour détruire l’enveloppe gélatineuse), rincez, séchez sur un filtre à café. Les graines de tomates se conservent 4 à 5 ans.

10. Préparer le matériel pour l’hiver

Avant l’hiver, nettoyez et rangez tout votre matériel de jardin. Les sécateurs, les cisailles et les couteaux : lavez-les à l’eau savonneuse, séchez-les, huilez les lames avec de l’huile de lin ou de l’huile moteur biodégradable. Les outils en fer (bêche, grelinette, fourche) : brossez la terre, passez un coup de papier de verre sur la rouille, huilez les parties métalliques. Les manches en bois : frottez-les à l’huile de lin pour les protéger de l’humidité.

Les arrosoirs et les tuyaux : videz-les complètement pour éviter que l’eau ne gèle et ne les fasse éclater. Rangez-les à l’abri du gel, dans un garage ou une cabane. Les voiles d’hivernage et les tunnels : lavez-les à l’eau claire, séchez-les, pliez-les soigneusement. Les tuteurs : nettoyez-les, regroupez-les par taille, attachez-les en fagots. Un matériel bien entretenu dure 10 ans de plus.

Le potager d’hiver, une porte ouverte sur le printemps

Ce que vous faites en octobre et novembre conditionne toute la saison suivante. Un sol bien préparé, des légumes d’hiver bien protégés, des semis bien placés, tout cela vous évite du travail au printemps. Et pour aller plus loin, jetez un œil à notre guide complet des semis au potager. Vous y trouverez des calendriers précis, des astuces pour réussir vos semis sous abri et des conseils pour choisir vos variétés en fonction de votre région. Le semis, c’est la base de tout, et l’automne est le moment idéal pour anticiper.

Sources