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Compost : ce qu'on met, ce qu'on ne met jamais

Le compost, c’est l’or noir du jardinier. Mais pour le réussir, il faut savoir exactement ce qui part dans le bac et ce qui doit rester à l’écart. Une erreur de tri et vous risquez des odeurs, des nuisibles ou un compost qui fermente au lieu de se décomposer. Voici le guide pratique, avec des chiffres et des gestes précis, pour ne plus jamais vous tromper.

Les bases : le bon équilibre carbone/azote (C/N)

Un compost qui fonctionne bien, c’est un équilibre entre les matières « brunes » riches en carbone (C) et les matières « vertes » riches en azote (N). Le ratio idéal se situe entre 25 et 30 pour 1. Concrètement, pour 1 seau de déchets verts (tonte, épluchures), il faut environ 2 à 3 seaux de déchets bruns (feuilles mortes, carton, paille).

Si vous mettez trop de vert, le compost devient compact, sent mauvais (ammoniac) et attire les mouches. Trop de brun, et la décomposition s’arrête, le tas reste sec et froid. La température au cœur du tas doit monter entre 50 et 65 °C pendant les premières semaines. En dessous de 40 °C, le processus est trop lent. Au-dessus de 70 °C, les bonnes bactéries meurent.

Ce qu’on met toujours (la liste verte)

Déchets de cuisine (azote et minéraux)

Déchets de jardin (carbone et structure)

Autres déchets acceptés

Ce qu’on ne met jamais (la liste rouge)

Déchets qui nuisent à la décomposition

Déchets toxiques ou polluants

Tableau récapitulatif : vert, brun, interdit

Type Ce qu’on met Ce qu’on ne met jamais
Déchets de cuisine Épluchures, marc de café, coquilles d’œufs broyées, restes cuits sans viande Viande, poisson, os, produits laitiers, huiles, sauces
Déchets de jardin Feuilles mortes, tonte fine, tailles broyées, fleurs fanées Plantes malades, mauvaises herbes en graines, résineux en excès
Papier/carton Carton brun non traité, journal, sachets de thé Carton plastifié, papier glacé, tickets de caisse (bisphénol)
Autres Cendres de bois (dose), cheveux, litière végétale sans déjection Litière de chat, couches, mégots, charbon, produits chimiques

Les gestes qui changent tout : aération, humidité, taille

Même avec les bons déchets, un compost peut échouer. Trois paramètres sont critiques :

Les erreurs fréquentes et comment les corriger

« Mon compost sent mauvais »

C’est un signe de manque d’oxygène ou d’excès d’azote. Ajoutez des bruns (carton, feuilles mortes, paille) à raison de 3 volumes pour 1 volume de déchets verts. Retournez le tas pour l’aérer. Si l’odeur persiste, ajoutez une poignée de cendre de bois (pas plus de 100 g pour 100 litres de compost).

« Il y a des moucherons et des rats »

Les moucherons (drosophiles) arrivent quand il y a des fruits trop mûrs ou des déchets sucrés en surface. Enfouissez toujours les déchets frais sous une couche de 10 cm de bruns. Les rats sont attirés par la viande, le poisson ou les restes cuits. Si vous les avez, retirez ces déchets et ajoutez une grille fine (maille de 1 cm) au fond du bac.

« Le compost ne chauffe pas »

Un tas de moins de 1 m³ ne chauffe pas assez. Si votre bac fait moins de 200 litres, la décomposition sera lente (6 à 12 mois). Pour accélérer, ajoutez un activateur naturel : ortie broyée, purin d’ortie, ou une poignée de terre de jardin riche en micro-organismes. La température doit être prise au cœur du tas avec un thermomètre à compost.

« Il y a des vers blancs (larves de cétoine) »

Ces larves sont bénéfiques : elles dévorent le bois et aèrent le compost. Laissez-les. Si vous avez des larves de mouche (petites, sans pattes, dans les zones humides), c’est un signe d’excès de vert. Ajoutez des bruns et retournez.

Compost en bac, en tas ou en lombricomposteur : quelle méthode pour vous ?

Le choix dépend de votre espace et de votre volume de déchets.

Les doses précises pour un démarrage réussi

Pour un bac de 300 litres, voici la recette de la première couche :

  1. Au fond : 10 cm de branches broyées (drainage et aération).
  2. Couche suivante : 15 cm de déchets bruns (feuilles mortes, carton déchiré).
  3. Couche suivante : 10 cm de déchets verts (épluchures, tonte).
  4. Arrosez légèrement (2 à 3 litres d’eau si les déchets sont secs).
  5. Répétez les couches jusqu’à remplir le bac. Terminez par une couche de 10 cm de bruns pour éviter les odeurs.
  6. Au bout de 3 jours, vérifiez la température. Si elle ne monte pas, ajoutez une poignée d’activateur ou de terre de jardin.

Compost et potager : le lien avec vos tomates

Le compost mûr (6 à 12 mois) est un engrais complet pour le potager. Il apporte de l’azote, du phosphore, du potassium et des oligo-éléments. Mais attention : un compost trop jeune (moins de 4 mois) peut brûler les racines des plantes. Il faut attendre qu’il soit brun, friable et qu’il sente la terre de sous-bois.

Les tomates sont particulièrement gourmandes. Un apport de 3 à 5 litres de compost mûr par pied, enfoui à 10-15 cm de profondeur au moment de la plantation, suffit pour toute la saison. Mais attention, un excès de compost riche en azote favorise le feuillage au détriment des fruits et rend les plants plus sensibles aux maladies. C’est pourquoi il est crucial de bien connaître l’état de votre compost avant de l’utiliser sur vos tomates. Pour approfondir la gestion de l’arrosage et de la fertilisation des tomates, et éviter les erreurs qui favorisent le mildiou, jetez un œil à la page dédiée au mildiou de la tomate. Vous y trouverez des conseils précis sur les doses d’eau et les signes d’alerte pour garder vos plants en pleine santé.

Sources